LA BLENNORAGIE :
Ce terme médical est descriptif des symptômes. Il est composé de racines grecques signifiant « écoulement (rhagie) de pus (blenno) ».
Schématiquement, le plus souvent, une blennorragie très douloureuse avec un écoulement de pus jaune est provoquée par une bactérie appelée gonocoque (infection = gonococcie), tandis qu’une blennorragie peu douloureuse, intermittente, avec un écoulement plus clair est provoquée par une autre bactérie : chlamydiae trachomatis (infection = chlamydiose). Cependant, fréquemment, les deux sont associées, mais les symptômes plus douloureux liés au gonocoque dominent ou cachent ceux liés au Chlamydiae.
LA GONOCOCCIE
De quoi s’agit-il ?
La gonorrhée ou gonococcie est une infection d’origine bactérienne sexuellement transmissible. La bactérie s’appelle le gonocoque ou neisseria gonorrhoeae, bactérie qui vit à la surface des muqueuses infectées.
Elle provoque chez l’homme, deux à dix jours après contamination, un écoulement important de pus jaune-blanc au niveau du méat urinaire (extrémité du pénis). Les sensations ressenties sont des douleurs souvent violentes en urinant, d’où les expressions «pisser des lames de rasoirs» et «chaude-pisse». Ce sont les signes d’une infection du l’urètre appelée urétrite. L’urètre est le canal à l’intérieur du pénis qu’empreinte l’urine ou le sperme pour sortir.
Signes et symptômes
Ecoulement abondant, douleurs fréquentes et intenses en urinant (« chaude-pisse », urétrite), une irritation de l’anus et du rectum (ano-rectite).
Localisation chez l’homme
Urètre, rectum, anus (anite) et gorge (pharyngite). Infection généralisée possible (septicémie).
Particularités
Symptômes apparaissant 2 à 8 jours après contamination.
Transmission
La bactérie, le gonocoque se transmet par rapport sexuel non ou insuffisamment protégé. Rapports sexuels avec pénétration (bouche ou anus) non protégés, contact avec les zones infectées et auto-infection en vous touchant la bouche, l’anus ou le pénis sans vous être lavé les mains.
Examens de dépistage
Aucun (diagnostic visuel par le médecin) ou prélèvement local de l’écoulement, parfois une analyse d’urine en cas de doute.
Un bilan des autres IST (VIH, VHB, VHC, VHA, syphilis, condylomes) doit être systématiquement réalisé.
Traitement
Antibiotique en 1 injection intramusculaire (Ceftriaxone), ou traitement antibiotique (Cefixime) par voie orale de 1 à 5 jours, hospitalisation si infection généralisée. Le médecin vous conseillera d’interrompre les rapports sexuels jusqu’à ce que vous et votre (vos) partenaire(s) soyez totalement guéris. Comme avec toutes les IST, tous vos partenaires récents (3 semaines avant l’apparition des premiers symptômes) doivent être traités systématiquement. Le traitement permet la guérison complète mais ne protège pas d’une nouvelle infection. Les traitements oraux pendant 5 jours sont à préférer en raison de l’apparition progressive de résistance aux antibiotiques !
Prévention
Utilisation de préservatifs systématique pour tous les rapports sexuels, dépistage en cas de symptômes, information du ou des partenaires. Il n’existe pas de vaccin disponible.
LA CHLAMYDIOSE
De quoi s’agit-il ?
C’est l’IST la plus fréquente. Elle est provoquée par une bactérie : chlamydiae trachomatis qui vit à la surface des muqueuses infectées.
Signes et symptômes
Il peut y en avoir aucun, d’où la nécessité des contrôles de routine : analyse d’urine à la recherche de chlamydiae (utile seulement en cas de brûlures en urinant), test de dépistage sanguin des anticorps anti-chlamydiae trachomatis.
Quand ils sont présents, les symptômes sont ceux de l’urétrite mais avec des signes atténués : écoulement faible et intermittent, parfois accompagné de douleur modérée, envies d’uriner plus fréquentes, parfois nocturnes. Cependant de nombreuses infections sont totalement sans symptômes (= asymptomatique).
L’infection du rectum peut provoquer une ulcération locale qui peut faire croire à une fissure anale, un suintement de sang et de pus, des douleurs intermittentes, parfois violentes et éprouvantes.
Certaines chlamydiae trachomatis provoquent une maladie particulière et sévère : la LymphoGranulomatose Vénérienne ou LGV appelée aussi maladie de Nicolas-Favre.
Localisation
Anus et rectum le plus souvent (rectite), urètre (urétrite), épididyme et testicule (orchiépididymite), gorge (pharyngite, parfois sans symptôme).
Particularités
Symptômes apparaissant deux semaines ou davantage après contamination, parfois aucun symptôme (asymptomatique), parfois signes d’infection sévère (foie, abdomen, yeux) avec fièvre (LGV).
Transmission
Chlamydiae trachomatis se transmet par rapport sexuel non ou insuffisamment protégé. Rapports sexuels avec pénétration (bouche ou anus) non protégés, contact avec les zones infectées et auto-infection en vous touchant la bouche, l’anus ou le pénis sans vous être lavé les mains.
Examens de dépistage
Le médecin vous demandera un échantillon d’urine et effectuera des prélèvements de l’écoulement et sur les zones infectées. Le test sanguin (sérologie chlamydiae trachomatis) s’avère indispensable quand il n’y a aucun ou peu de symptômes.
Traitement
Certains antibiotiques (doxycycline) sont habituellement efficaces. Selon la localisation et la sévérité de l’infection, le traitement peut durer deux à six semaines. Le médecin vous conseillera d’interrompre les rapports sexuels jusqu’à ce que vous et votre (vos) partenaire(s) soyez totalement guéris. Comme avec toutes les IST, tous vos partenaires récents doivent consulter et être systématiquement traités.
Le traitement permet la guérison complète mais ne protège pas d’une nouvelle infection.
Prévention
Utilisation de préservatifs systématique pour tous les rapports sexuels, dépistage en cas de symptômes, information du ou des partenaires. Il n’existe pas de vaccin disponible.
Fiche réalisée par :
Antonio Alexandre
Directeur National Prévention
Dr Jean Derouineau
Institut Alfred Fournier, Paris
www.institutfournier.org
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